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Trop beau pour ne pas le partager …

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Quand on passera à “l’autre saison” …

Quand j’habitais au nord (tout vrai sudiste vous dira que le nord commence à partir de Montélimar), je regardais jour après jour à la météo cette tâche jaune de soleil qui ne quittait jamais le contour de la Méditerranée.

Cela n’a jamais été aussi vrai. La pluie nous boude maintenant depuis plus de cinq mois. La nature est en berne, les cours d’eau à sec, même les humains commencent à se dessécher.

Alors, on ne regarde plus les nuages ; la pluie, elle viendra quand elle viendra. Mais comme on se languit quand même de mettre au placard les vêtements d’été, on se prépare pour “l’autre saison”. Même la nature change lentement son manteau. Et voilà à quoi ressemble l’automne dans le Var.

Faire feu de tout bois ? Espérons que non !

L’été est là et avec lui, son cortège de vacanciers. Je lisais aujourd’hui qu’en cette période, le Var double voire triple sa population. Mais attention mesdames et messieurs, dans un territoire couvert à 58% de forêt, il est nécessaire de connaître quelques règles 🙂 La preuve en est, ces feux impressionnants qui ont marqué les derniers jours …

Une amie me racontait :
J’ai vu un chauffeur de poids-lourd qui fumait sa cigarette. Je me suis dit : Où il va le jeter son mégot ?!
Quand je suis passée, je l’ai regardé mauvais, il a compris !

La scène m’a bien fait rire. Mais elle illustre bien la mentalité des gens d’ici. En venant d’ailleurs, on a du mal à imaginer qu’un simple mégot puisse causer un tel désastre. Et pourtant … De même, pétards, barbecues et machines pouvant provoquer des étincelles sont à proscrire.

Mais voici que l’horizon se remplit d’un panache de fumée. Panique ! Que faire ? Appeler la police, les pompiers ? Mieux vaut éviter, il faut laisser libre les lignes d’urgence. La solution est de visiter la page Facebook des pompiers du Var SDIS83. Là, on peut trouver des infos en temps réel sur les incendies, la situation des routes et autre …

Une autre ressource pour les geeks : il existe une application “Feux de forêt” disponible sur Android, qui vous donnera toutes les infos sur les feux autour de vous. Suivez le guide : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.montardy.feuxdeforet&hl=fr&referrer=utm_source%3Dandroidlogiciels

Et puisque nous y sommes, voici une petite vidéo dédiée à nos amis pompiers 🙂

Codette & Colette

Depuis environ un an, l’idée me travaille d’ajouter quelques gallinacées à notre foyer. Principal obstacle : le poulailler. Après avoir exploré maintes options, prête à baisser les bras, j’ai fini par apprendre que la mairie donnait des poulaillers, pour peu qu’on veuille adopter deux pensionnaires. Aussitôt dit …

Etape 1 : MONTER LE POULAILLER

Me voici en possession de mon poulailler. Si on m’avait dit qu’il fallait le monter … Je défais méticuleusement chaque paquet de planches, avant de réaliser que le fabricant avait certainement une idée derrière la tête pour faire ces paquets : un toit, un nichoir … Je suis parti du mauvais pied, vite, réorganisons tout cela !

Maintenant, voyons le mode d’emploi. D’abord, comment se fait-il que les mensurations ne correspondent pas ? Sans compter que le poulailler du schéma n’a rien à voir avec le mien … Quant au petit parc inclus, il ne peut qu’être agrandi ; c’est des poules que je veux, pas des criminels en cellule d’isolement ! Quoique ce serait efficace face aux prédateurs !

Etape 2 : LES PENSIONNAIRES

Une fois ces divers écueils derrière moi -je vous passe les recherches qu’ont nécessitées le foin, la nourriture et les accessoires- il est temps d’aller chercher ces fameuses poules ! Comme on dit chez moi, quand on les aura enfin, de quoi on parlera ?

A la ferme, ni une ni deux, l’éleveur empoigne deux poules par les ailes et me les entasse dans un carton à peine plus gros qu’une boîte à chaussures. “C’est tout ce qu’il vous fallait ?” Moi qui m’était tellement préparée à les accueillir, je m’attendais au moins à une cérémonie !

Etape 3 : L’AMMENAGEMENT

La boîte à chaussures a fait le chemin du retour avec moi et ses occupantes se sont vues présenter leur hôtel particulier.

Maintenant, je les observe à travers le grillage … Pas de réaction. Elles se sont empilées dans un coin. Je les comprends, si on m’avait traitée comme ça … Leur auge est à 50 cm, mais comme elles n’ont pas l’air de la voir, je la leur mets sous le nez. Il ne faudrait pas qu’elle meurent de faim le premier jour !

Bon, les Cockdoodles, je vous laisse à votre adaptation et je m’en vais vous trouver un nom : Chicken & Run, Tic & Tac, Cot & Codette … Ma mère dit que les poules, c’est bête. Du coup, j’ai même pensé à les appeler Einstein et Freud, pour relever le niveau …
Finalement, nous nous sommes décidées pour Codette et Colette.

Eau : fait. Nourriture : fait. Foin : ok. Ah, il faudra aussi que je leur présente le chat …

Sur l’identité sudiste (2)

Quand j’étais petite, ma famille déménageait sans cesse. Pas étonnant, avec un père déménageur, ça devait courir dans nos gênes. Toute petite donc, j’ai été déraciné de mon village provençal, à l’époque une pacoule perdue dans les 63% de forêt qui couvrent le Var. C’était “la campagne des Marseillais”, comme on disait à l’époque. Pensez donc, au moment de la guerre, c’est là, loin de l’agitation et du rationnement de la grande ville, que les Marseillais venaient s’approvisionner. On survivait comme on pouvait … Là, pas de manque … pas non plus d’électricité.

Mais je suis née bien plus tard. Tout ce dont je me rappelle, c’était que notre maison donnait sur la fontaine, au centre du village. Il y avait aussi le petit voisin, avec qui je m’entendais bien ; je crois qu’on était né en même temps. J’allais à l’école maternelle, du moins quand ça me plaisait. Je m’en souviens, parce que j’ai une photo de moi en train d’empiler des cubes, mais plus occupée à sourire à l’appareil photo.

Il y avait aussi le bar du Cercle de l’avenir (il y en a un dans tous les villages), les vieux qui se prélassaient sur un banc du village sans bouger, la musique qui sortait par les fenêtres ouvertes. Mais ça, c’est ma mère qui me l’a raconté.

Et puis, on a déménagé. Et là, je fais avance rapide. Le sud-ouest, puis les montagnes froides de l’Isère. On me disait parfois que j’avais un accent qui “apportait le soleil”, mais je ne me suis jamais sentie déracinée pour autant. Ma mère, elle, parlait et chantait fort, s’habillait de couleur vive, cherchait à connaître les voisins et refusait de sorti tous les hivers. Tout au long de mon enfance, j’ai entendu des mots comme “Allez zou !”, “les tétés” …

Une fois, à la fin de la classe, j’ai dit à mes élèves : “Allez zou, dehors tout le monde !” Et eux, de rigoler : “La prof, elle a dit ‘zou’ ! “. Bien plus jeune, en 6ème, j’avais fait remarquer à une copine qu’elle avait de gros tétés. Elle m’a regardée avec des yeux ronds, en se demandant de quoi je parlais. “Ah, tu parles de ma poitrine !” Et elle s’est moquée de moi. Consciente d’avoir enfreint un code important, je suis rentrée chez moi humiliée, en accusant ma mère de m’enseigner des enfantillages.

Bien plus tard, on est revenu dans le sud. Et là, c’était le paradis. Tout le monde parlait avec tout le monde. Personne n’était particulièrement discret. Au supermarché, je m’arrêtais de faire mes courses, juste pour regarder les gens occupés à échanger les nouvelles, caddie contre caddie. Extraordinaire. Toujours dehors, les gens ne savaient plus quoi faire d’eux-mêmes dès qu’il faisait mauvais (ce qui arrivait rarement). D’ailleurs, il y avait toujours quelqu’un pour vous parler du temps (ponctuée d’un “Ca ne va pas durer !”). Et un jour, j’ai entendu une dame (une adulte !) parler de tétés. Tout s’est éclairé. Ma mère, Marseillaise déracinée, une vraie, m’avait parlé “le sudiste” ! Et ni les Gersois tranquilles, ni les Isérois réservés, n’avaient pu lui décoller ce caractère 🙂 Quant à moi, mes racines, aussi courtes soient-elles, m’avaient rappelée.

Voilà, messieurs dames, pour l’identité sudiste !

#TuViensDuSudSi

Je ne suis pas une fan de Twitter -tout en ne vivant pas à l’Age de pierre. Mais il se trouve qu’un hashtag plutôt rigolo circule en ce moment : #TuViensDuSudSi . Le principe, vous l’avez deviné, est de dire en quelques mots ce qui définit un habitant du sud, je dirais même plus un natif. Car nombreux sont ceux qui immigrent dans le sud à la recherche du soleil ; mais peu parviennent à se faire aux moeurs des sudistes, qu’ils jugent souvent “arriérés, bruyants, toujours en retard, peu fiables …” Il est bien vrai qu’on juge parfois mieux un fait en étant extérieur ; j’en appelle tout de même à votre clémence, messieurs-dames les jurés. Creusez un peu la surface et commencez par lire ces quelques perles de Twitter ; vous finirez par découvrir un identité en or :

#TuViensDuSudSi pour toi porter des collants après le 1er avril est une hérésie (@oiseaudeparis)

#TuViensDuSudSi quand il neige 1cm ça va dans le journal et tu filmes (@celialamare)

#TuViensDuSudSi le concept de “lettres finales muettes” t’est étranger. Enfin, plus ou moinsse. (@ZeldaDorant)

#TuViensDuSudSi tu dis “main’nant “au lieu de maintenant (sans pression on retire des syllabes) (@inesmiaB)

#TuViensDuSudSi pour toi 15 minutes de retard ce n’est pas encore être en retard. (@Liopeka)

#TuViensDuSudSi l’été t tellement habitué à entendre les cigales que tu te rends compte qu’elles sont là que quand elles arrêtent de chanter (@evee_r06)

#TuViensDuSudSi tu sais que l’été entre 11h et 16h c’est pas possible de faire autre chose que la sieste (@SosoTeKasse)

#TuViensDuSudSi quand je te dis 51 ta pas besoin de 45ans pour comprendre que c’est l’heure de l’apéro (@blaboblo)

#TuViensDuSudSi tu fais la bise en commençant par la droite (@valntie)

#TuViensDuSudSi tu mets de l’huile d’olive dans tes pâtes, dans tes légumes, sur ta viande, dans ton café, sur ta brosse à dents… (@TaniaKessaouti)

#TuViensDuSudSi t’insulte tout le monde en voiture (@mazetconstance)

Chroniques de l’été

Hier, alors que j’arrosais, le chat du voisin s’est pointé. Le gros, celui qui a le ventre qui traîne et qui est couleur caca d’oie. Bon, là, j’exagère peut-être un peu. D’abord, je l’ai un peu mouillé ; puis, j’ai regardé notre chat, pour voir s’il allait au moins défendre son territoire. Mais même pas. Il est parti se balader avec ce grand chat affreux. Après quoi, je lui ai dit : “Dis, tu pourrais pas choisir un peu tes fréquentations ?”

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Lui, c’est notre chat. C’est son premier été. Et il faut tout lui apprendre, y compris de boire suffisamment. Pour cela, je dois tremper mes doigts dans sa gamelle et lui faire lécher ; puis, il se met à boire.

Régulièrement, je lui mouille la fourrure, histoire de le rafraîchir. A ces moments-là, je me sens l’âme d’une maman. D’ailleurs, la vraie, la mienne, m’a suggéré de le passer sous la douche. Devant mon refus, elle a dit : “Je vais voir si ta soeur veut se faire griffer avec moi.” Ma soeur, elle a renchérit : “On pourrait l’enfermer dans la cabine de douche, pour ne pas se faire griffer …” Outrée de telles idées, j’ai usé de toute mon autorité de patronne (du chat) pour y opposer mon véto le plus ferme.