Faire feu de tout bois ? Espérons que non !

L’été est là et avec lui, son cortège de vacanciers. Je lisais aujourd’hui qu’en cette période, le Var double voire triple sa population. Mais attention mesdames et messieurs, dans un territoire couvert à 58% de forêt, il est nécessaire de connaître quelques règles 🙂 La preuve en est, ces feux impressionnants qui ont marqué les derniers jours …

Une amie me racontait :
J’ai vu un chauffeur de poids-lourd qui fumait sa cigarette. Je me suis dit : Où il va le jeter son mégot ?!
Quand je suis passée, je l’ai regardé mauvais, il a compris !

La scène m’a bien fait rire. Mais elle illustre bien la mentalité des gens d’ici. En venant d’ailleurs, on a du mal à imaginer qu’un simple mégot puisse causer un tel désastre. Et pourtant … De même, pétards, barbecues et machines pouvant provoquer des étincelles sont à proscrire.

Mais voici que l’horizon se remplit d’un panache de fumée. Panique ! Que faire ? Appeler la police, les pompiers ? Mieux vaut éviter, il faut laisser libre les lignes d’urgence. La solution est de visiter la page Facebook des pompiers du Var SDIS83. Là, on peut trouver des infos en temps réel sur les incendies, la situation des routes et autre …

Une autre ressource pour les geeks : il existe une application “Feux de forêt” disponible sur Android, qui vous donnera toutes les infos sur les feux autour de vous. Suivez le guide : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.montardy.feuxdeforet&hl=fr&referrer=utm_source%3Dandroidlogiciels

Et puisque nous y sommes, voici une petite vidéo dédiée à nos amis pompiers 🙂

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Sur l’identité sudiste (2)

Quand j’étais petite, ma famille déménageait sans cesse. Pas étonnant, avec un père déménageur, ça devait courir dans nos gênes. Toute petite donc, j’ai été déraciné de mon village provençal, à l’époque une pacoule perdue dans les 63% de forêt qui couvrent le Var. C’était “la campagne des Marseillais”, comme on disait à l’époque. Pensez donc, au moment de la guerre, c’est là, loin de l’agitation et du rationnement de la grande ville, que les Marseillais venaient s’approvisionner. On survivait comme on pouvait … Là, pas de manque … pas non plus d’électricité.

Mais je suis née bien plus tard. Tout ce dont je me rappelle, c’était que notre maison donnait sur la fontaine, au centre du village. Il y avait aussi le petit voisin, avec qui je m’entendais bien ; je crois qu’on était né en même temps. J’allais à l’école maternelle, du moins quand ça me plaisait. Je m’en souviens, parce que j’ai une photo de moi en train d’empiler des cubes, mais plus occupée à sourire à l’appareil photo.

Il y avait aussi le bar du Cercle de l’avenir (il y en a un dans tous les villages), les vieux qui se prélassaient sur un banc du village sans bouger, la musique qui sortait par les fenêtres ouvertes. Mais ça, c’est ma mère qui me l’a raconté.

Et puis, on a déménagé. Et là, je fais avance rapide. Le sud-ouest, puis les montagnes froides de l’Isère. On me disait parfois que j’avais un accent qui “apportait le soleil”, mais je ne me suis jamais sentie déracinée pour autant. Ma mère, elle, parlait et chantait fort, s’habillait de couleur vive, cherchait à connaître les voisins et refusait de sorti tous les hivers. Tout au long de mon enfance, j’ai entendu des mots comme “Allez zou !”, “les tétés” …

Une fois, à la fin de la classe, j’ai dit à mes élèves : “Allez zou, dehors tout le monde !” Et eux, de rigoler : “La prof, elle a dit ‘zou’ ! “. Bien plus jeune, en 6ème, j’avais fait remarquer à une copine qu’elle avait de gros tétés. Elle m’a regardée avec des yeux ronds, en se demandant de quoi je parlais. “Ah, tu parles de ma poitrine !” Et elle s’est moquée de moi. Consciente d’avoir enfreint un code important, je suis rentrée chez moi humiliée, en accusant ma mère de m’enseigner des enfantillages.

Bien plus tard, on est revenu dans le sud. Et là, c’était le paradis. Tout le monde parlait avec tout le monde. Personne n’était particulièrement discret. Au supermarché, je m’arrêtais de faire mes courses, juste pour regarder les gens occupés à échanger les nouvelles, caddie contre caddie. Extraordinaire. Toujours dehors, les gens ne savaient plus quoi faire d’eux-mêmes dès qu’il faisait mauvais (ce qui arrivait rarement). D’ailleurs, il y avait toujours quelqu’un pour vous parler du temps (ponctuée d’un “Ca ne va pas durer !”). Et un jour, j’ai entendu une dame (une adulte !) parler de tétés. Tout s’est éclairé. Ma mère, Marseillaise déracinée, une vraie, m’avait parlé “le sudiste” ! Et ni les Gersois tranquilles, ni les Isérois réservés, n’avaient pu lui décoller ce caractère 🙂 Quant à moi, mes racines, aussi courtes soient-elles, m’avaient rappelée.

Voilà, messieurs dames, pour l’identité sudiste !

#TuViensDuSudSi

Je ne suis pas une fan de Twitter -tout en ne vivant pas à l’Age de pierre. Mais il se trouve qu’un hashtag plutôt rigolo circule en ce moment : #TuViensDuSudSi . Le principe, vous l’avez deviné, est de dire en quelques mots ce qui définit un habitant du sud, je dirais même plus un natif. Car nombreux sont ceux qui immigrent dans le sud à la recherche du soleil ; mais peu parviennent à se faire aux moeurs des sudistes, qu’ils jugent souvent “arriérés, bruyants, toujours en retard, peu fiables …” Il est bien vrai qu’on juge parfois mieux un fait en étant extérieur ; j’en appelle tout de même à votre clémence, messieurs-dames les jurés. Creusez un peu la surface et commencez par lire ces quelques perles de Twitter ; vous finirez par découvrir un identité en or :

#TuViensDuSudSi pour toi porter des collants après le 1er avril est une hérésie (@oiseaudeparis)

#TuViensDuSudSi quand il neige 1cm ça va dans le journal et tu filmes (@celialamare)

#TuViensDuSudSi le concept de “lettres finales muettes” t’est étranger. Enfin, plus ou moinsse. (@ZeldaDorant)

#TuViensDuSudSi tu dis “main’nant “au lieu de maintenant (sans pression on retire des syllabes) (@inesmiaB)

#TuViensDuSudSi pour toi 15 minutes de retard ce n’est pas encore être en retard. (@Liopeka)

#TuViensDuSudSi l’été t tellement habitué à entendre les cigales que tu te rends compte qu’elles sont là que quand elles arrêtent de chanter (@evee_r06)

#TuViensDuSudSi tu sais que l’été entre 11h et 16h c’est pas possible de faire autre chose que la sieste (@SosoTeKasse)

#TuViensDuSudSi quand je te dis 51 ta pas besoin de 45ans pour comprendre que c’est l’heure de l’apéro (@blaboblo)

#TuViensDuSudSi tu fais la bise en commençant par la droite (@valntie)

#TuViensDuSudSi tu mets de l’huile d’olive dans tes pâtes, dans tes légumes, sur ta viande, dans ton café, sur ta brosse à dents… (@TaniaKessaouti)

#TuViensDuSudSi t’insulte tout le monde en voiture (@mazetconstance)

CRECHES EN PROVENCE

Le sujet est traité un peu tardivement, mais comme il me reste sur la conscience, je me dois d’y consacrer une page … En décembre dernier, je suis allée assister à un concours de crèches, dont vous trouverez quelques exemples ci-dessous. Bien sûr, l’incontournable crèche traditionnelle était présente, avec notamment”le ravi”, personnage un peu simplet et innattendu qui s’invite chaque année dans la tradition. On rencontrait aussi des versions de la crèche plus hétéroclites et modernes, dont une fabriquée à partir de coquilles d’oeuf …

“Tout cela, c’est bien beau (dans tous les sens du terme), vous dirait ma mère, mais pendant très longtemps, j’ai cru que Jésus était né en provence”. Certes, son pays y ressemblait beaucoup, avec ses vignes et ses oliviers. Mais était-il aussi clair de peau, parlait-il le provençal, comme on me le laisse entendre ?

J’aimerais connaître toute l’histoire …

VOITURES DANS LE SUD

Chacun le sait, le sud, c’est le royaume des vieilles casseroles et des belles bagnoles. “La cagassière” et “La mostra” se côtoient allègremment, mais gare à vous sur la route. Ou plutôt garez-vous ! Cédez le passage dans les ronds-points ou civilité sur les petites routes sans bas-côtés, ça n’existe pas. Quant à faire réparer votre voiture si vous venez en vacances, n’y pensez pas. Vous risqueriez de vous retrouver … sur le carreau. Voyez plutôt :

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AUTOUR DES GORGES DU VERDON …

situation_17Si vous prenez la route des gorges du Verdon (ou “georges du Verdon”, comme diraient les Anglais) avec une sudiste, voici ce que vous pourriez bien entendre :

Au détour d’une route, devant une bâtisse délabrée :
Ils nous mettent un panneau “Faites-vous  plaisir, et là, tu as un truc en ruines.

Lors d’une halte dans un petit village typique :
Dans chaque bled, tu as une maison dont l’arrière est déglingué, avec des toilettes qui pendent.

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A 1000m, ils nous annoncent que les roches dégringolent.

 

Devant un panneau détaillant les dangers des ports d’eau dans le Verdon :
Là, ils te mettent un tas de règles et, pour finir, ils mettent un numéro pour appeler au secours.

Apercevant une minuscule maison :
Regarde cette cabane ; ça, c’est le gars qui a pas pu se construire plus.

Après avoir passé une petite route à pic et être revenue dans le Var :
Où-là, c’est des sauvages, dans ce coin.

En traversant un petit village (quelques maisons traversées par une route) :
Ohlà, il y a même un feu rouge. Alors là, on est en pleine civilisation !

 

Avec de tels commentaires parsemant le trajet, comment ne pas rester de bonne humeur, malgré les virages ? 🙂

SUR LES PAPIS … ET LEURS VELOS

C’est comme les papis ! On rigolait quand on les voyait aller aux champs. Ils y allaient à vélo, quand ils avaient pas de cheval. Alors ce vélo, il avait rien, à part les pédales et la chaîne.

Et alors, tu les voyais passer … Ils envoyaient un seul coup de pédale. Tac ! Et le vélo traversait le village tout doucement.

On était plusieurs à se demander comment ils avançaient, et même comment ils tenaient dessus. Le but, c’était d’aller le plus lentement possible. Quand tu vois le harnachement qu’il faut aujourd’hui quand on est à vélo …

 © omondouvelo.com