#TuViensDuSudSi

Je ne suis pas une fan de Twitter -tout en ne vivant pas à l’Age de pierre. Mais il se trouve qu’un hashtag plutôt rigolo circule en ce moment : #TuViensDuSudSi . Le principe, vous l’avez deviné, est de dire en quelques mots ce qui définit un habitant du sud, je dirais même plus un natif. Car nombreux sont ceux qui immigrent dans le sud à la recherche du soleil ; mais peu parviennent à se faire aux moeurs des sudistes, qu’ils jugent souvent “arriérés, bruyants, toujours en retard, peu fiables …” Il est bien vrai qu’on juge parfois mieux un fait en étant extérieur ; j’en appelle tout de même à votre clémence, messieurs-dames les jurés. Creusez un peu la surface et commencez par lire ces quelques perles de Twitter ; vous finirez par découvrir un identité en or :

#TuViensDuSudSi pour toi porter des collants après le 1er avril est une hérésie (@oiseaudeparis)

#TuViensDuSudSi quand il neige 1cm ça va dans le journal et tu filmes (@celialamare)

#TuViensDuSudSi le concept de “lettres finales muettes” t’est étranger. Enfin, plus ou moinsse. (@ZeldaDorant)

#TuViensDuSudSi tu dis “main’nant “au lieu de maintenant (sans pression on retire des syllabes) (@inesmiaB)

#TuViensDuSudSi pour toi 15 minutes de retard ce n’est pas encore être en retard. (@Liopeka)

#TuViensDuSudSi l’été t tellement habitué à entendre les cigales que tu te rends compte qu’elles sont là que quand elles arrêtent de chanter (@evee_r06)

#TuViensDuSudSi tu sais que l’été entre 11h et 16h c’est pas possible de faire autre chose que la sieste (@SosoTeKasse)

#TuViensDuSudSi quand je te dis 51 ta pas besoin de 45ans pour comprendre que c’est l’heure de l’apéro (@blaboblo)

#TuViensDuSudSi tu fais la bise en commençant par la droite (@valntie)

#TuViensDuSudSi tu mets de l’huile d’olive dans tes pâtes, dans tes légumes, sur ta viande, dans ton café, sur ta brosse à dents… (@TaniaKessaouti)

#TuViensDuSudSi t’insulte tout le monde en voiture (@mazetconstance)

SUR L’AUTOROUTE, EN REVENANT DES VACANCES

A un automobiliste indécis :
“T’as qu’à doubler à gauche ! Moi, je reste au milieu, il y a des camions à droite ! … Ouhlà, il avait pas l’air content !”

A un automobiliste qui nous donnait des marques de sympathie :
“C’est vrai qu’ils en font ! Mais normalement, quand il gueulent, on ne les entend pas. Une fois, j’ai vu un homme qui s’époumonait ; j’ai compris qu’il s’énervait après moi, alors je lui ai dit : Qu’est-ce qu’il y a ?”

En longeant la forteresse de Mornas :
“C’est ragique d’habiter là ! Il y a des trous partout. Il y en a même un qui est allé se faire une maison dedans !”

LES SUDISTES A LA MONTAGNE

Bien sûr, nous avons des montagnes dans le sud. Il y a même de la neige, pour tout vous dire. Mais là, je parle de HAUTE montagne : j’ai nommé la Suisse !

Voilà donc nos petites sudistes parties, non sans une discussion préalable sur le temps (on parle tout le temps de la météo chez nous !) pour savoir s’il allait faire VRAIMENT froid ; si 5°C, c’était vraiment froid ; ou quel genre de vêtements il fallait prendre … Pensez donc, quand vous avez une moyenne de 12° pendant tout l’hiver, avec des pointes à 20°, dur dur d’imaginer LE FROID 🙂

Finalement, nos bagages se sont tout de même enrichi d’écharpes (légères), de bottines (plutôt classes et, nous devions le découvrir par la suite, non imperméables) et de chaussettes de coton épais (Laine ? Connais pas !).

En Suisse, nous nous sommes trouvées perchées dans un petit nid tout de bois vêtu, un peu en altitude (heureusement, le plus proche voisin était un lama, la bête, j’entends) et … surchauffé. Qu’à cela ne tienne, nous nous sommes consolées avec le chocolat dont le logis était abondamment pourvu.

Tout allait bien, jusqu’à ce que … le troisième jour de notre périple, nous sommes sorties comme d’habitude, balayant le temps d’un revers de gant (un seul, l’autre s’était perdu en route). Des nuages, que des nuages …  Nous étions bien décidé à profiter de la journée.

Mais le temps en décida autrement. Soudain, les nuages se transformèrent en véritable tempête de neige, piégeant nos infortunées sudistes loin de leur pied-à-terre … et sans pneus neige. Pour notre défense, sachez que c’est tout de même difficile d’imaginer une tempête de neige lorsqu’on a 20° à l’extérieur, comme c’était notre cas avant de partir. Précisons aussi que c’était la première véritable chute de neige de la saison sur la lac Léman, et que beaucoup de Suisses ont eux-mêmes été pris au dépourvu (oui, oui !), voire pris au piège.

L’aventure s’est soldée dans un garage, après plusieurs montées qui nous ont vues faire un usage intensif du frein à main (et de la prière), et une descente qui n’en finissait plus (6 kms) … Indemnes, secouées, nous avons tout de même trouvé des pneus neige pour encourager un peu la voiture et nous porter sur des chemins toujours moins bien déneigés, jusqu’à un toit et un bon chocolat chaud.

Parlez-moi de dépaysement …

L’ALLEMAGNE VUE DU SUD

On raconte :

Quand on est allés en Allemagne [c’était précisément lors de la chute du mur de Berlin], il faisait un froid ! Ca faisait peur ! On s’entassait dans les voitures et on voulait pas sortir.

Quand on rentrait à l’hôtel, on avait des glaçons qui nous pendaient au nez. Et à l’intérieur, il faisait tellement chaud, 30°C, incroyable ! On avait qu’une envie, c’était de se mettre tout nu !

En Allemagne de l’ouest, c’était d’un luxe ! Le contraste avec l’Allemagne de l’est était très grave !